Un entretien instructif avec Alain Ehrenberg, sociologue et directeur de recherches émérite au CNRS, disponible gratuitement sur cairn jusqu’au 17 février: https://shs.cairn.info/les-pathologies-de-l-autonomie?lang=fr – Les pathologies de l’autonomie : une nouvelle manière de souffrir
Alain Ehrenberg retrace son parcours d’intérêt à l’évolution de la souffrance de l’individu en société partant de l’avènement du Prozac, signe de la dépression de l’individu en société, jusqu’à l’avènement des neurosciences. Dans cette évolution, l’individu est progressivement enjoint de renouveler régulièrement son logiciel embarqué vers une meilleure version de lui-même, vers un mieux-être, afin de satisfaire des désirs. Cela toucherait également la santé mentale, nouvelle appellation de la psychiatrie. Ainsi les neurosciences, en désignant des troubles du développement et la plasticité neuronale porteuse de guérison effectueraient un glissement des représentations du cerveau. D’un cerveau réactif à son environnement à un cerveau centré sur son propre développement, occupé à l’exploitation productive de ses singularités développementales.
Pour un résumé de son dernier ouvrage: https://lnkd.in/ecjTYr4B
Pour ma part, je suis parfois étonné d’entendre que des thérapies du trauma efficaces, comme l’EMDR ou l’ICV reposant sur l’hypothèse qu’elles agissent sur le système neuronal, sont du domaine des thérapies corporelles. Certes, le trauma est inscrit dans le corps à défaut d’avoir pu être intégré psychiquement ; le traitement d’un trauma, comme l’issue bénéfique d’une thérapie réussie, ont des impacts corporels au niveau de l’individu. Mais un corps seul existe-t-il ? Winnicott disait : « un bébé seul, ça n’existe pas » : ne faut-il pas un autre corps – incluant sa psyché – pour prendre vie ? Comme un feu prendrait son incandescence à la lueur d’un autre soi.